Repos ou pas après une infiltration lombaire ? Marcher, conduire, travailler, reprendre le sport
14 Oct Repos ou pas après une infiltration lombaire ? Marcher, conduire, travailler, reprendre le sport
Dans Chirurgie du rachis

C’est la question que presque tous nos patients posent en sortant d’une infiltration lombaire : faut-il rester couché pour que ça marche mieux ? En général, non. Une journée calme suffit, sans effort important mais sans rester au lit, puis les activités reprennent progressivement. Voici, étape par étape, ce que vous pouvez faire après l’infiltration. Les consignes remises par l’équipe qui l’a réalisée restent prioritaires, car elles tiennent compte de votre situation.
Faut-il rester allongé après une infiltration lombaire ?
Pas nécessairement. Le produit a été déposé au contact du nerf ou de l’articulation, sous contrôle de l’imagerie, et rien n’indique que rester couché l’aide à mieux agir. Le jour même, un repos relatif suffit : rentrez chez vous tranquillement, évitez les efforts, le gros ménage et le port de charges, et allongez-vous si cette position vous soulage, sans vous y obliger toute la journée. Selon votre confort, ce calme peut durer de quelques heures à deux jours, comme l’indique notre page sur les infiltrations.
Au-delà, un alitement prolongé n’est pas conseillé. Pendant une sciatique, les études qui ont comparé le repos au lit et le fait de rester actif ne trouvent pas d’avantage au repos, et plusieurs jours couchés raidissent le dos et affaiblissent les muscles.
Peut-on marcher après une infiltration lombaire ?
Oui, dès que l’équipe vous a autorisé à vous lever et que vous marchez en sécurité. Le produit anesthésiant souvent associé à la cortisone peut engourdir la jambe pendant quelques heures. Signalez-le avant de partir, et ne marchez pas seul si la jambe manque de stabilité : c’est pour cela qu’il faut être accompagné pour rentrer. Si une faiblesse apparaît ou s’aggrave une fois à la maison, demandez un avis sans attendre. Les jours suivants, de courtes marches plusieurs fois par jour, à votre rythme, valent mieux qu’une longue promenade d’emblée.
Combien de temps après une infiltration lombaire peut-on conduire ?
Prévoyez de ne pas conduire pendant les vingt-quatre heures qui suivent l’infiltration, ou plus longtemps si l’équipe vous le demande. Avant de reprendre le volant, la jambe doit avoir retrouvé sa force et sa sensibilité, vous devez pouvoir freiner d’un coup sans douleur, et ne pas prendre de médicament qui endort. Prévoyez donc quelqu’un pour le trajet du retour, ou un taxi.
Faut-il un arrêt de travail après une infiltration ?
Le jour de l’infiltration, ne prévoyez pas de travailler. Pour un travail de bureau, la reprise est souvent possible dès le lendemain si vous vous sentez bien. Pour un métier physique, avec port de charges, postures penchées ou conduite professionnelle, la reprise peut demander un délai supplémentaire ou un arrêt adapté : parlez-en avec le médecin qui a prescrit l’infiltration. Si vous étiez déjà en arrêt pour votre sciatique, c’est l’évolution de la douleur qui décide de la suite, plus que l’infiltration elle-même.
Quand reprendre le sport et la kinésithérapie ?
Pendant deux à trois jours, ou selon les consignes reçues, évitez le sport intense, le jardinage et le port de charges lourdes. Reprenez ensuite progressivement, en commençant par la marche, le vélo ou la natation, puis les activités plus exigeantes selon votre douleur. Se sentir mieux n’est pas une raison pour repartir d’emblée à pleine intensité.
La kinésithérapie peut reprendre dans les jours qui suivent, au moment convenu avec votre médecin et votre kinésithérapeute. L’infiltration ne répare pas le disque : elle calme l’inflammation autour du nerf. Le répit qu’elle apporte facilite souvent les exercices qui renforcent le dos et aident à passer le cap, pendant que l’organisme fait son travail.
Douche, bain, piscine : quelles précautions ?
Suivez les consignes remises pour le pansement, qui varient d’un centre à l’autre. En général, la douche est possible à partir du lendemain. Pour le bain, la piscine, le hammam ou le sauna, attendez deux à trois jours, le temps que le point de piqûre se referme.
Est-ce normal d’avoir encore mal après une infiltration lombaire ?
Oui, souvent. Les deux premiers jours, la douleur peut même augmenter un peu, au point de piqûre ou dans la jambe. L’effet de l’infiltration s’installe ensuite progressivement, en quelques jours, parfois deux semaines. Lorsqu’elle est efficace, le soulagement dure de deux à trois semaines à quelques mois, et il arrive qu’elle ne soulage pas. Nous détaillons ces délais dans notre article sur l’infiltration lombaire.
D’autres effets passagers sont possibles les premiers jours : des rougeurs du visage, un sommeil agité et, chez les personnes diabétiques, une glycémie plus haute qu’à l’habitude, à surveiller. Si la douleur n’a pas bougé au bout de deux à trois semaines, reparlez-en au médecin qui vous suit : une autre solution peut être discutée. Une douleur très forte, ou qui s’aggrave nettement, justifie un avis plus tôt.
Quels signes doivent faire appeler rapidement ?
Contactez rapidement le centre qui a réalisé l’infiltration, ou votre médecin, en cas de :
- fièvre ou frissons dans les jours qui suivent.
- rougeur, gonflement ou écoulement au point de piqûre.
- mal de tête intense qui apparaît en position debout et se calme en position couchée.
- faiblesse de la jambe ou du pied qui ne disparaît pas après quelques heures, ou qui s’aggrave.
- perte de sensibilité entre les cuisses.
En cas de paralysie de la jambe qui s’aggrave d’heure en heure, de difficulté nouvelle à uriner, ou de perte du contrôle des urines ou des selles, appelez le 15. Ces situations sont rares.
Ce qu’il faut retenir
- Une journée calme ne veut pas dire rester au lit plusieurs jours : on reprend progressivement.
- On marche dès qu’on peut le faire en sécurité, on rentre accompagné, et on ne conduit pas pendant vingt-quatre heures.
- Un travail de bureau est souvent possible le lendemain. Un métier physique peut demander un délai de plus.
- Pas de sport intense ni de charges lourdes pendant deux à trois jours, puis une reprise progressive. La kinésithérapie peut reprendre dans les jours qui suivent.
- Une douleur un peu plus forte les premiers jours est fréquente, et l’effet peut mettre deux semaines à venir. Fièvre, mal de tête en position debout, faiblesse ou perte de sensibilité entre les cuisses : appelez rapidement.
Si l’infiltration ne vous a pas soulagé, ou si la douleur de jambe revient malgré tout, prenez rendez-vous avec un chirurgien du rachis à Paris ou dans les Yvelines pour faire le point. Une consultation ne veut pas dire une opération.
Pour aller plus loin
- Dahm K. T. et al., Advice to rest in bed versus advice to stay active for acute low-back pain and sciatica (repos au lit ou rester actif pendant un lumbago ou une sciatique), revue Cochrane, 2010
- Notre page sur les infiltrations du dos
- Notre article : infiltration lombaire, au bout de combien de temps agit-elle ?
- Notre page sur la sciatique et la cruralgie
- Assurance maladie : sciatique, que faire et quand consulter
Article rédigé par le Dr Raphaël Jameson, chirurgien du rachis à l’Espace Francilien du Rachis, membre de la SOFCOT et de la Société Française de Chirurgie du Rachis (RPPS 10005153878). Ces informations générales ne remplacent pas une consultation médicale.