C’est quoi la chirurgie du rachis ? Huit questions avant une opération du dos
30 Sep C’est quoi la chirurgie du rachis ? Huit questions avant une opération du dos
Dans Chirurgie du rachis

« Chirurgie du rachis », « chirurgien du dos », « opération du canal lombaire » : ces mots reviennent dans les recherches des patients, souvent avec une inquiétude derrière. Voici, en huit questions, ce que nous expliquons en consultation à ceux qui découvrent notre spécialité. Rien ici ne remplace cette consultation, mais cela aide à y venir avec les bonnes questions.
Où se trouve le rachis ?
Le rachis, c’est la colonne vertébrale. Elle va de la base du crâne au bassin : sept vertèbres cervicales dans le cou, douze dorsales attachées aux côtes, cinq lombaires dans le bas du dos, puis le sacrum et le coccyx. Entre chaque vertèbre, un disque fait amortisseur. Au milieu passe le canal rachidien, qui protège la moelle épinière puis les racines des nerfs qui descendent vers les jambes. Quand on parle de « canal lombaire étroit », c’est de ce canal qu’il s’agit, rétréci dans le bas du dos par l’arthrose.
Qu’est-ce qu’un chirurgien du rachis ?
Un chirurgien orthopédiste ou un neurochirurgien spécialisé dans les maladies de la colonne vertébrale. Les deux formations mènent au même métier, avec un complément de formation propre au rachis. À l’Espace Francilien du Rachis, nous ne faisons que cela : hernie discale, canal lombaire étroit, spondylolisthésis, fractures de vertèbre, arthrose cervicale, scoliose de l’adulte. Un chirurgien du rachis passe aussi une bonne partie de son temps à ne pas opérer : beaucoup de patients que nous voyons en consultation repartent avec un traitement médical, une infiltration ou une simple surveillance.
Comment se passe une opération du rachis ?
Tout commence par le bilan : examen, IRM ou scanner, parfois radiographies debout, et une consultation d’anesthésie. Le jour venu, l’opération se fait sous anesthésie générale. Pour la plupart des interventions, nous travaillons en chirurgie mini-invasive : une petite incision, des tubes ou un endoscope qui écartent les muscles au lieu de les décoller, et un contrôle par imagerie pendant l’intervention. Selon la maladie, le geste consiste à libérer un nerf, comme pour une hernie discale, à stabiliser des vertèbres, comme pour une arthrodèse, ou à consolider une vertèbre fracturée. La durée dépend du geste et du nombre de niveaux. Vous êtes levé le jour même ou le lendemain, avec l’aide de l’équipe soignante.
Quels sont les risques d’une opération du dos ou du canal rachidien ?
Ils existent, ils sont rares, et nous les détaillons toujours avant de vous demander votre accord. Les principaux : l’infection, que l’on prévient par une préparation de la peau et des antibiotiques au bloc. L’hématome, que l’on limite par une coagulation soigneuse et parfois un petit drain. Une ouverture de l’enveloppe qui entoure les nerfs, la brèche durale, qui laisse s’écouler un peu de liquide et se referme le plus souvent pendant l’opération. La phlébite, contre laquelle vous marchez tôt et portez des bas de contention. Une atteinte d’un nerf est possible, mais rare. Ces risques varient selon l’intervention, la région opérée et votre état de santé : en consultation, nous vous expliquons ceux qui concernent la vôtre.
Le risque le plus fréquent, en réalité, n’est pas une complication : c’est un soulagement incomplet. Cela arrive quand la douleur avait plusieurs causes, ou quand le nerf a souffert longtemps avant l’opération. C’est pour cela que nous prenons le temps de vérifier que l’image explique bien les symptômes, et de vous dire ce que l’opération peut améliorer et ce qu’elle ne changera probablement pas.
Y a-t-il des séquelles après une opération du rachis ?
Une opération vise à soulager et à redonner de l’autonomie, elle ne garantit pas la disparition de toutes les douleurs. Après une hernie discale ou un canal lombaire étroit, la plupart des patients retrouvent leurs activités. Après une arthrodèse, l’étage soudé ne bouge plus, mais pour un ou deux niveaux la gêne est faible dans la vie courante. Au début, la fatigue, la gêne de la cicatrice et les tensions musculaires sont habituelles et diminuent avec la récupération. Des fourmillements ou une faiblesse présents avant l’opération mettent plus de temps à s’améliorer, et peuvent parfois persister quand le nerf était déjà abîmé. Une séquelle grave, comme une paralysie, est exceptionnelle, et nous en parlons franchement en consultation, parce que c’est la peur de tous les patients.
Quels résultats attendre après une opération du canal lombaire étroit ?
Le canal lombaire étroit donne des jambes lourdes ou douloureuses à la marche, qui obligent à s’arrêter tous les cent ou deux cents mètres. L’opération consiste à redonner de la place aux nerfs. Elle vise d’abord les symptômes des jambes et le périmètre de marche : le soulagement peut être rapide, et la récupération se poursuit ensuite pendant des semaines, parfois des mois. Les douleurs du dos lui-même évoluent à part, surtout quand l’arthrose ou les disques y participent. Le résultat dépend beaucoup de l’état des nerfs avant l’opération et de votre état général. Pour comprendre l’intervention, voir notre page sur le canal lombaire étroit et la laminectomie.
Combien de temps dure l’hospitalisation ?
Une hernie discale se fait le plus souvent en ambulatoire : entrée le matin, sortie le soir, avec quelqu’un à la maison la première nuit. Un canal lombaire étroit, deux à quatre jours selon l’étendue du geste. Une arthrodèse ou une prothèse discale, deux à trois jours. Une chirurgie plus étendue, comme une correction de scoliose, demande davantage. Vous rentrez chez vous quand vous marchez seul, que la douleur est contrôlée par des comprimés et que la cicatrice est propre.
Combien de temps dure la convalescence ?
Cela dépend de l’opération et du métier. Après une hernie discale : marche dès le lendemain, kinésithérapie vers trois à quatre semaines, et les activités quotidiennes reviennent en quelques semaines. Après une arthrodèse : consultation de contrôle avec radiographies vers six semaines, reprise d’un travail de bureau en un à deux mois, d’un métier physique en plusieurs mois. Pour un poste de bureau, le télétravail peut permettre de reprendre un peu plus tôt, à temps partiel, sans raccourcir le temps de récupération : nous en avons parlé dans notre article sur le télétravail après une opération du dos. Dans tous les cas, la reprise de la voiture, du travail et du sport se fait par étapes, et nous vous donnons des repères écrits à la sortie. Nous les avons détaillés dans notre article sur la reprise de la voiture et sur notre page consacrée à l’arthrodèse lombaire.
Ce qu’il faut retenir
- Le rachis est la colonne vertébrale. Le chirurgien du rachis en est le spécialiste, et il passe une bonne partie de son temps à ne pas opérer.
- La plupart des opérations se font en mini-invasif, sous anesthésie générale, avec un lever le jour même ou le lendemain.
- Les complications sont rares et expliquées avant l’opération. Le risque le plus fréquent est un soulagement incomplet, d’où l’importance du bilan.
- Hospitalisation : de l’ambulatoire pour une hernie discale à quelques jours pour un canal étroit ou une arthrodèse.
- Convalescence : quelques semaines pour une hernie, plusieurs mois pour une arthrodèse, par étapes.
Pour savoir si une opération est justifiée dans votre cas, prenez rendez-vous avec un chirurgien du rachis à Paris ou dans les Yvelines. Une consultation ne veut pas dire une opération.
Pour aller plus loin
- Notre page : la chirurgie du rachis à l’Espace Francilien du Rachis
- Notre page : chirurgie mini-invasive du rachis
- Notre page : opération de la hernie discale lombaire en ambulatoire
- Notre page : canal lombaire étroit et laminectomie
- Notre page : le parcours du patient, de la consultation à l’opération
Article rédigé par le Dr Raphaël Jameson, chirurgien du rachis à l’Espace Francilien du Rachis, membre de la SOFCOT et de la Société Française de Chirurgie du Rachis (RPPS 10005153878). Ces informations générales ne remplacent pas une consultation médicale.