IRM lombaire : comment comprendre son compte rendu ?

 

IRM lombaire : comment comprendre son compte rendu ?

 

IRM lombaire, coupe de profil : vertèbres, disques et canal lombaire (illustration)

 

Discopathie, protrusion, arthrose, signes de Modic, conflit radiculaire. Vous venez de recevoir le compte rendu de votre IRM lombaire et certains mots vous inquiètent. Ces termes décrivent l’aspect des disques, des vertèbres et des nerfs du bas du dos. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer la cause de votre douleur ni de décider d’un traitement. Leur signification dépend de vos symptômes et de l’examen médical. Voici les principales expressions que vous pouvez rencontrer et les questions à poser lors de votre consultation.

 

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Pourquoi mon IRM montre-t-elle autant d’anomalies ?

L’IRM permet de voir très précisément les structures de la colonne. Elle révèle aussi des modifications présentes chez des personnes qui ne souffrent pas du dos. Une revue de 33 études portant sur 3 110 personnes sans symptômes estimait ainsi la fréquence des signes de dégénérescence discale à environ 37 % à 20 ans et 96 % à 80 ans. Ces chiffres montrent que certaines images deviennent très fréquentes avec l’âge. Ils ne permettent pas de conclure qu’une anomalie est sans importance chez une personne donnée. Un compte rendu long n’est donc pas nécessairement un compte rendu grave. Mais il doit être expliqué, et non simplement banalisé.

 

Discopathie dégénérative ou disque déshydraté : est-ce grave ?

Une discopathie désigne une altération d’un disque situé entre deux vertèbres. Lorsqu’elle est dite dégénérative, elle correspond à des modifications de sa structure, avec notamment une diminution de son hydratation et parfois de sa hauteur. Le terme « déshydraté » ne signifie pas que vous ne buvez pas assez. Il décrit une modification du disque visible à l’IRM. Une discopathie peut être associée à des douleurs lombaires, mais elle peut aussi être indolore. Sa présence ne signifie pas qu’une opération est nécessaire. La prise en charge dépend de la gêne et de son évolution. Notre page sur la lombalgie détaille les traitements possibles.

 

Que signifient L4-L5 et L5-S1 ?

Ces lettres et ces chiffres indiquent la localisation :

  • L4-L5 : entre les quatrième et cinquième vertèbres lombaires.
  • L5-S1 : entre la cinquième vertèbre lombaire et le sacrum.

Il ne s’agit pas d’un degré de gravité. Une « discopathie L5-S1 » indique simplement quel disque est concerné.

 

Bombement, protrusion et hernie discale : quelle différence ?

Ces termes décrivent la forme d’un débordement du disque.

  • Un bombement discal est un débordement étendu du contour du disque.
  • Une hernie discale correspond à un déplacement plus localisé de matériel discal.
  • Une protrusion est une forme de hernie dont la base reste plus large que la partie saillante.
  • Une extrusion présente une autre forme, avec une partie débordante plus large que sa base dans au moins un plan. Un fragment peut parfois se détacher : on parle de fragment séquestré.

Ces mots décrivent une anatomie, pas une échelle automatique de douleur ou de gravité. Pour comprendre leur importance, le médecin recherche notamment leur localisation, leur rapport avec les nerfs et la correspondance avec vos symptômes. Nous avons consacré un article à cette question : protrusion ou hernie discale, quelle différence.

 

« Sans conflit radiculaire » : qu’est-ce que cela signifie ?

Une racine nerveuse est la partie d’un nerf qui quitte la colonne. « Sans conflit radiculaire » signifie que l’examen ne met pas en évidence de conflit avec les racines nerveuses dans la région décrite. Cela n’exclut pas toute cause de douleur du dos. À l’inverse, un « conflit avec la racine L5 » ou « S1 » décrit un rapport potentiellement problématique entre une structure, souvent un disque, et cette racine. Il peut expliquer une sciatique si le côté et le trajet de la douleur correspondent, ainsi que les constatations de l’examen. Un simple contact visible n’a pas nécessairement la même signification qu’une compression nette.

 

Modic 1, 2 ou 3 : faut-il s’inquiéter ?

Les signes de Modic correspondent à des modifications de l’os et de la moelle osseuse au voisinage des plateaux vertébraux, de part et d’autre d’un disque.

  • Modic 1 : modifications de type œdémateux et inflammatoire.
  • Modic 2 : transformation graisseuse de la moelle osseuse locale.
  • Modic 3 : densification de l’os, appelée sclérose.

Ces numéros ne constituent pas une échelle de gravité. Des signes de Modic peuvent accompagner une lombalgie, mais ils ne prouvent pas à eux seuls l’origine ni l’intensité de la douleur. Leur interprétation dépend du reste de l’imagerie et de la situation clinique.

 

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Arthrose interapophysaire : de quoi parle-t-on ?

Il s’agit de l’arthrose des petites articulations situées à l’arrière des vertèbres. Elle peut contribuer à une douleur ou à une raideur lombaire, mais elle peut également être présente sans symptôme. L’IRM ne suffit donc pas à affirmer que ces articulations sont la source de la douleur.

 

Rétrécissement foraminal et canal lombaire étroit : quelle différence ?

Le foramen est l’ouverture par laquelle une racine nerveuse sort de la colonne. Une sténose foraminale signifie que cette ouverture est rétrécie. Le canal lombaire est le passage central contenant les racines nerveuses. Son rétrécissement est appelé sténose du canal lombaire. Lorsqu’ils ont un retentissement sur les nerfs, ces rétrécissements peuvent provoquer des douleurs, des fourmillements ou une faiblesse. Une sténose du canal lombaire peut notamment limiter la marche, avec des symptômes souvent soulagés en position assise ou penchée en avant. Les termes « léger », « modéré » ou « sévère » décrivent l’imagerie. La décision de traitement tient aussi compte de l’examen neurologique, de la gêne et de leur évolution.

 

Spondylolisthésis : ma vertèbre a-t-elle bougé ?

Un spondylolisthésis correspond au glissement d’une vertèbre par rapport à celle située en dessous, généralement vers l’avant. Le grade indique l’importance du déplacement, mais ne suffit pas à déterminer sa gravité. Certains glissements sont bien tolérés. D’autres s’accompagnent de douleurs ou d’une compression nerveuse. L’IRM peut être complétée par des radiographies debout lorsque le médecin souhaite mieux étudier l’alignement ou la mobilité des vertèbres.

 

Hypersignal ou hyposignal : est-ce une lésion grave ?

Ces termes signifient qu’une zone apparaît plus claire ou plus sombre sur une séquence d’IRM. Ce ne sont pas des diagnostics. Leur signification dépend du tissu concerné, du type d’image et des autres constatations. Il ne faut donc pas interpréter ces mots isolément : c’est leur contexte dans le compte rendu qui compte.

 

Peut-on avoir très mal avec une IRM presque normale ?

Oui. L’IRM ne mesure pas la douleur et ne montre pas toutes les raisons pour lesquelles elle persiste. Une douleur importante peut exister sans lésion majeure visible. Cela ne signifie ni qu’elle est imaginaire ni qu’aucune prise en charge n’est possible. Inversement, une anomalie très visible peut être peu ou pas douloureuse. C’est pourquoi la Haute Autorité de santé ne recommande pas d’imagerie systématique devant une poussée aiguë de lombalgie sans signe d’alerte.

 

Quand faut-il consulter rapidement ?

Une faiblesse nouvelle d’une jambe ou d’un pied nécessite une évaluation rapide, en urgence si elle est importante, brutale ou s’aggrave. Appelez le 15 en cas de nouveaux troubles du contrôle des urines ou des selles, de difficulté à uriner ou de perte de sensibilité entre les cuisses et autour du périnée. Une douleur associée à de la fièvre, à un traumatisme important ou à une altération inexpliquée de l’état général doit également être évaluée rapidement. N’attendez pas une nouvelle IRM pour consulter si des signes d’alerte apparaissent, même si un examen précédent était rassurant.

 

Quelles questions poser au médecin avec mon compte rendu ?

Apportez le compte rendu et l’accès aux images, ainsi que vos anciens examens si vous en avez. Vous pouvez demander :

  • Quelle anomalie peut réellement expliquer mes symptômes ?
  • Y a-t-il une compression nerveuse ou un autre élément préoccupant ?
  • Ces résultats changent-ils le traitement ?
  • Quelles activités puis-je poursuivre ?
  • Quels signes doivent m’amener à reconsulter ?

Une consultation sert à transformer une description radiologique en une décision adaptée à votre situation. Elle ne conduit pas nécessairement à une opération. À Paris et dans les Yvelines, les chirurgiens de l’Espace Francilien du Rachis reçoivent les patients pour lire leur IRM avec eux et faire le lien avec leurs symptômes. La prise de rendez-vous se fait en ligne.

 

Ce qu’il faut retenir

  • Beaucoup de mots d’un compte rendu d’IRM décrivent des modifications fréquentes avec l’âge, y compris chez des personnes sans douleur.
  • Une anomalie peut être importante sans être douloureuse, et une douleur réelle peut exister sans anomalie majeure.
  • Ce qui compte, c’est la correspondance entre les images, vos symptômes et l’examen.
  • Faiblesse d’une jambe, trouble urinaire nouveau ou perte de sensibilité entre les cuisses : appelez le 15.
  • Venez en consultation avec le compte rendu, les images et vos questions.

 

Pour aller plus loin

 

Article rédigé par le Dr Raphaël Jameson, chirurgien du rachis à l’Espace Francilien du Rachis, membre de la SOFCOT et de la Société Française de Chirurgie du Rachis (RPPS 10005153878). Ces informations générales ne remplacent pas une consultation médicale. Cet article aide à comprendre les termes courants d’une IRM lombaire, il ne permet pas d’interpréter individuellement un examen.