Mal au dos au tennis : causes, prévention et quand consulter

Le tennis enchaîne des gestes qui sollicitent le bas du dos : cambrure au service, rotation à chaque frappe, flexions et impacts sur un terrain dur. Beaucoup de joueurs n’en souffrent jamais. Mais chez le joueur qui s’entraîne beaucoup, et surtout chez l’adolescent en croissance, quelques problèmes reviennent régulièrement. Voici lesquels, comment les reconnaître, et quand consulter.
Pourquoi le tennis fait-il mal au bas du dos ?
Le service est le geste le plus exigeant : le dos se cambre puis se fléchit en rotation, des dizaines de fois par match. Le coup droit et le revers ajoutent des torsions répétées. Ces contraintes sont bien tolérées quand les muscles du tronc et des hanches font leur travail et quand le volume d’entraînement augmente progressivement. Elles deviennent un problème quand la technique reporte l’effort sur le bas du dos, quand la charge augmente trop vite, ou pendant la croissance, période où l’arrière des vertèbres est encore fragile.
Quelles sont les causes de mal de dos chez le joueur de tennis ?
- La lombalgie, de loin la plus fréquente. C’est un symptôme, pas une lésion précise : une douleur du bas du dos après un match ou une reprise trop rapide, souvent sans cause identifiable sur les examens, qui s’améliore en quelques jours à quelques semaines.
- La lyse isthmique, ou spondylolyse : une fissure de fatigue de l’arrière de la vertèbre, le plus souvent en L5, favorisée par la répétition des cambrures. Elle touche surtout l’adolescent sportif en croissance.
- La hernie discale lombaire, qui se manifeste par une douleur descendant dans la fesse et la jambe, parfois avec des fourmillements.
- Le spondylolisthésis, glissement d’une vertèbre vers l’avant, qui peut suivre une lyse isthmique sans que ce soit systématique.

Le service cambre puis tord le bas du dos, des dizaines de fois par match.
Mon adolescent a mal au dos à chaque entraînement : que faire ?
C’est la situation à ne pas laisser traîner. Une douleur lombaire qui revient à chaque séance et qui augmente en cambrant le dos, comme au service ou au smash, justifie dès maintenant de réduire les gestes déclencheurs et de demander un avis, sans attendre plusieurs semaines. Chez un jeune joueur, elle fait rechercher une lyse isthmique. L’examen et une radiographie sont la première étape. L’IRM peut montrer une lésion de stress de l’os alors que la radiographie est encore normale. Le scanner n’est pas systématique chez l’adolescent, pour limiter l’irradiation.
Découverte tôt, une lyse récente peut cicatriser avec un repos sportif de quelques semaines à quelques mois, parfois un corset, puis une reprise progressive encadrée. Plus elle est prise en charge tard, plus la douleur risque de s’installer. Ne pas jouer avec la douleur est le meilleur moyen de rejouer vite.
Faut-il arrêter complètement le tennis ou adapter l’entraînement ?
Le plus souvent, adapter suffit. Pour une lombalgie simple, on réduit le volume, on supprime provisoirement le service et le smash, et on continue les échanges à plat et le travail de jambes. Pour une lyse isthmique récente, le repos sportif est nécessaire le temps de la cicatrisation, puis la reprise se fait par étapes : jeu à plat, puis service progressif. Dans tous les cas, l’arrêt complet et prolongé n’est pas un traitement. La kinésithérapie, le gainage et le travail des hanches accompagnent la reprise.
Comment prévenir les blessures du dos au tennis ?
- Augmenter la charge d’entraînement progressivement, avec de vrais jours de repos, surtout en période de croissance.
- Travailler la technique du service avec un enseignant : moins de cambrure, plus de jambes et de rotation des hanches.
- Renforcer le tronc et les hanches : gainage, fessiers, souplesse des ischio-jambiers.
- S’échauffer avant de jouer et ne pas enchaîner tournoi et stage sans récupération.
Peut-on rejouer au tennis après une opération du dos ?
Oui, le plus souvent. Des joueurs professionnels ont été opérés du rachis lombaire et sont revenus à la compétition. Chaque situation reste individuelle : le type de lésion, l’opération réalisée et la qualité de la rééducation comptent davantage que l’exemple d’un champion. La reprise se fait par étapes, en accord avec le chirurgien et le kinésithérapeute, sans service ni smash au début.
Quand faut-il consulter ?
Une douleur lombaire qui dure plus de quatre à six semaines malgré l’adaptation du jeu. Une douleur qui descend dans la jambe. Une douleur d’adolescent qui revient à chaque entraînement, dès qu’elle se répète. Et sans attendre, en appelant le 15 : une faiblesse du pied ou de la jambe, ou un trouble nouveau pour uriner.
À Paris et dans les Yvelines, les chirurgiens de l’Espace Francilien du Rachis reçoivent les joueurs, adolescents et adultes, pour faire le point sur une douleur du dos liée au tennis. La prise de rendez-vous se fait en ligne.
Ce qu’il faut retenir
- Le tennis sollicite le bas du dos au service et dans les rotations, et beaucoup de joueurs n’en souffrent jamais.
- Chez l’adolescent, une douleur qui revient à chaque entraînement fait rechercher une lyse isthmique : réduire les gestes déclencheurs et consulter sans attendre.
- Adapter l’entraînement vaut mieux qu’arrêter, sauf le temps de cicatrisation d’une lyse récente.
- Après une opération du dos, la reprise du tennis est le plus souvent possible, par étapes.
Pour aller plus loin
- Notre page sur le spondylolisthésis par lyse isthmique
- Notre page sur la hernie discale lombaire
- Notre page sur la lombalgie
- Académie américaine de chirurgie orthopédique : spondylolyse et spondylolisthésis
- Haute Autorité de santé : prise en charge de la lombalgie commune (2019)
Article rédigé par le Dr Raphaël Jameson, chirurgien du rachis à l’Espace Francilien du Rachis, membre de la SOFCOT et de la Société Française de Chirurgie du Rachis (RPPS 10005153878). Ces informations générales ne remplacent pas une consultation médicale. Article entièrement réécrit et relu le 23 septembre 2026.