Le golf est-il un bon sport pour le dos ?

Oui, pour la grande majorité des joueurs, y compris après une hernie discale ou une opération du dos. Le golf, c’est d’abord huit à dix kilomètres de marche, une activité modérée et régulière, bonne pour le dos comme pour le reste. Ce qui peut faire mal, c’est le swing, un geste rapide en rotation, répété des centaines de fois. La question n’est donc pas d’arrêter, mais de savoir comment jouer sans se blesser, et quand consulter.
Pourquoi le golf fait-il mal au dos ?
Le swing combine une rotation rapide du tronc, une flexion vers l’avant et, à la finition, une cambrure du bas du dos. Répété au practice comme sur le parcours, il sollicite les disques et les petites articulations arrière des vertèbres lombaires. Deux facteurs aggravent ces contraintes : un geste mal coordonné, où le dos compense le manque de mobilité des hanches et des épaules, et un volume de balles trop important, trop vite, après une période sans jouer.
On parle beaucoup du X-Factor, l’écart de rotation entre les épaules et les hanches au sommet du backswing. Un X-Factor élevé donne de la puissance mais augmente la torsion du bas du dos. Certaines études suggèrent qu’il expose davantage aux douleurs lombaires, mais les données restent limitées et parfois contradictoires. Le message pratique est simple : la puissance doit venir des hanches et des jambes, pas d’une torsion forcée de la colonne.

Le swing sollicite le bas du dos en rotation et en cambrure.
Quelles sont les blessures du dos les plus fréquentes chez le golfeur ?
La lombalgie est de loin le premier motif : une contracture ou un blocage après une série de swings, un faux mouvement, ou simplement une reprise trop rapide en début de saison. Elle guérit le plus souvent en quelques jours à quelques semaines. Viennent ensuite les douleurs des petites articulations arrière, favorisées par la cambrure à la finition, et la hernie discale lombaire, qui se manifeste par une douleur descendant dans la jambe. Chez le jeune joueur qui s’entraîne beaucoup, une fissure de fatigue de l’arrière de la vertèbre, la lyse isthmique, peut expliquer une douleur lombaire qui revient à chaque séance. Le golf ne crée pas l’arthrose ou la discopathie, qui viennent avec l’âge, mais il peut les réveiller.

Hernie discale lombaire : le disque déborde vers le nerf.
Peut-on jouer au golf avec une hernie discale ou de l’arthrose lombaire ?
Le plus souvent, oui, en dehors des poussées douloureuses. Pendant une sciatique aiguë, on ne swingue pas. Une fois la douleur calmée, la reprise se fait par étapes : marche sur le parcours d’abord, putting et petit jeu ensuite, puis swing complet avec un nombre de balles limité et augmenté progressivement. Une arthrose ou une discopathie vue sur une IRM n’interdit pas le golf. C’est la douleur et sa tolérance qui guident, pas l’image.
Peut-on rejouer au golf après une opération du dos ?
Oui, dans la grande majorité des cas, et c’est même un objectif fréquent de nos patients. Le calendrier dépend de l’intervention. Après une opération de hernie discale, le putting et les approches reprennent en général dans les premières semaines, le swing complet plus tard, avec l’accord du chirurgien, une fois la cicatrisation et la reprise musculaire acquises. Après une arthrodèse lombaire, il faut attendre la consolidation, ce qui demande plusieurs mois, puis réapprendre un swing qui sollicite davantage les hanches. Dans les deux cas, la rééducation prépare cette reprise, et un travail avec un enseignant de golf informé de l’opération aide à adapter le geste.
Comment continuer à jouer sans se faire mal ?
- S’échauffer dix minutes avant de jouer : marche, rotations du tronc et des hanches, quelques swings à vide en augmentant l’amplitude.
- Reprendre progressivement : après une pause, un seau de balles ne se rattrape pas en une séance. Augmentez le volume d’une semaine sur l’autre.
- Faire des pauses au practice et alterner les clubs plutôt que d’enchaîner cent drives.
- Travailler le geste avec un professionnel : moins de torsion forcée, finition plus droite, poids sur les jambes. Un swing plus court est souvent un swing plus sûr, et pas moins efficace.
- Entretenir le corps entre les parties : gainage, mobilité des hanches et du haut du dos, étirements des ischio-jambiers. Le Pilates et le yoga conviennent bien.
- Préférer le chariot au sac porté, et ramasser les balles en fléchissant les genoux.
- Écouter la douleur : une gêne qui augmente au fil des trous ou qui persiste le lendemain impose de réduire le volume, pas de serrer les dents.

Gainage et mobilité : le Pilates est un bon complément, avant comme après une chirurgie du rachis.
Quels signes doivent faire consulter ?
Une douleur lombaire qui dure plus de quatre à six semaines malgré le repos relatif et l’adaptation du jeu. Une douleur qui descend dans une fesse ou une jambe, surtout si elle s’accompagne de fourmillements. Une douleur qui revient à chaque séance chez un jeune joueur. Et sans attendre, en appelant le 15 : une faiblesse du pied ou de la jambe qui s’installe, ou un trouble nouveau pour uriner.
À Paris et dans les Yvelines, les chirurgiens de l’Espace Francilien du Rachis reçoivent les golfeurs pour faire le point sur une douleur du dos, adapter la pratique ou organiser la reprise après une opération. La prise de rendez-vous se fait en ligne.
Ce qu’il faut retenir
- Le golf est un bon sport pour le dos, à condition d’adapter le swing et le volume de jeu.
- Le premier ennemi du golfeur est la reprise trop rapide, pas le golf lui-même.
- Hernie discale, arthrose ou opération du dos n’interdisent pas de jouer, en dehors des poussées douloureuses et avec l’accord du chirurgien.
- La puissance vient des hanches et des jambes, pas de la torsion du bas du dos.
- Douleur dans la jambe, faiblesse ou trouble urinaire : consultez, appelez le 15 pour les deux derniers.
Pour aller plus loin
- Notre page sur la lombalgie
- Notre page sur la hernie discale lombaire
- Paramètres du swing associés à la lombalgie : revue systématique (Journal of Sports Sciences, 2023)
- Haute Autorité de santé : prise en charge de la lombalgie commune (2019)
Article rédigé par le Dr Raphaël Jameson, chirurgien du rachis à l’Espace Francilien du Rachis, membre de la SOFCOT et de la Société Française de Chirurgie du Rachis (RPPS 10005153878). Ces informations générales ne remplacent pas une consultation médicale. Article entièrement réécrit et relu le 23 septembre 2026.