Arthrodèse Cervicale ou Prothèse Discale Cervicale : Comment Choisir ?

 

Arthrodèse Cervicale ou Prothèse Discale Cervicale : Comment Choisir ?

 

Prothèse discale cervicale et arthrodèse cervicale côte à côte (illustration)

 

Quand une hernie discale cervicale ou un bec d’arthrose comprime un nerf et que la douleur du bras résiste aux médicaments, à la rééducation et parfois aux infiltrations, une opération se discute. Deux options courantes, réalisées par l’avant du cou, existent : fusionner les deux vertèbres, c’est l’arthrodèse, ou remplacer le disque par un disque artificiel, c’est la prothèse. Voici ce qui les rapproche, ce qui les distingue, et sur quoi repose le choix.

 

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D’où vient le soulagement après l’opération ?

Dans les deux cas, de la même étape : le chirurgien retire le disque malade et les becs d’os qui appuient sur le nerf ou sur la moelle. C’est cette libération, la décompression, qui vise à soulager la douleur du bras. La récupération est le plus souvent nette, parfois incomplète lorsque le nerf a souffert longtemps. Redonner de la hauteur à l’espace entre les vertèbres ouvre en plus le passage du nerf. Arthrodèse et prothèse diffèrent ensuite par ce que l’on place à la place du disque, par leur objectif mécanique et par leurs complications propres.

 

Qu’est-ce qu’une arthrodèse cervicale ?

Arthrodèse cervicale : cage entre deux vertèbres (illustration)

Arthrodèse cervicale : une cage remplace le disque, les deux vertèbres se soudent.

Une cage contenant un substitut osseux est placée entre les vertèbres, parfois fixée par une plaque ou des vis. En quelques mois, les deux vertèbres se soudent. Cette fusion est contrôlée sur les radiographies, car elle peut parfois être incomplète. C’est la technique de référence, avec le plus long recul. Ses avantages : une efficacité durable sur la douleur du bras et un étage stabilisé une fois la fusion obtenue. Ses inconvénients : la perte de mobilité de cet étage, en pratique peu gênante pour un niveau, un risque d’usure un peu plus rapide des disques voisins avec le temps, et une récupération parfois un peu plus longue. Un collier n’est pas systématique.

 

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Qu’est-ce qu’une prothèse discale cervicale ?

Prothèse discale cervicale en place entre deux vertèbres (illustration)

Prothèse discale cervicale : le disque est remplacé par un implant articulé.

Le disque est remplacé par un implant articulé qui conserve la mobilité de l’étage. L’idée est de garder un cou souple et de réduire les contraintes sur les disques voisins. Les études comparatives, dont certaines avec dix ans de suivi, montrent chez des patients bien sélectionnés des résultats au moins équivalents à l’arthrodèse sur la douleur du bras, et moins de réinterventions sur les étages voisins. Ces résultats ne se transposent pas automatiquement à tous les modèles ni à toutes les indications, et le recul varie selon les implants. La reprise des activités est parfois un peu plus rapide, sans que ce soit garanti.

Ses limites : des ossifications peuvent se former autour de l’implant avec les années et réduire sa mobilité, parfois jusqu’à bloquer l’étage. Leur présence sur les radiographies ne signifie pas forcément une gêne douloureuse. Plus rarement, l’implant peut s’user prématurément ou se déplacer. Elle n’est pas adaptée à toutes les situations, décrites ci-dessous. La prise en charge par l’Assurance maladie dépend du modèle : la prothèse PRODISC-C VIVO est remboursée depuis juillet 2026, pour des indications précises définies par l’arrêté, en particulier une atteinte d’un ou deux disques mobiles entre C3 et C7 résistante à un traitement bien conduit. Ce critère administratif ne signifie pas qu’il faut attendre devant une aggravation neurologique.

 

Sur quoi repose le choix ?

  • L’état des petites articulations arrière des vertèbres, les facettes : une arthrose marquée à cet étage fait préférer l’arthrodèse, car conserver le mouvement d’un étage déjà usé entretient la douleur.
  • La mobilité de l’étage avant l’opération : une prothèse n’a d’intérêt que sur un étage encore mobile. Un étage déjà raide ou presque fusionné par l’arthrose relève de l’arthrodèse.
  • La qualité de l’os : une ostéoporose contre-indique la prothèse.
  • La courbure du cou et une éventuelle instabilité, qui orientent vers l’arthrodèse.
  • Le nombre d’étages à opérer, un niveau et parfois deux pour une prothèse, et la présence d’une compression de la moelle, qui pèsent aussi dans la décision.
  • L’âge et les activités : un patient jeune et actif, avec un étage mobile et des facettes saines, est le candidat type de la prothèse. Un métier ou un sport très contraignant pour le cou se discute au cas par cas.

Dans tous les cas, la décision se prend avec le chirurgien, après avoir compris les bénéfices, les risques et les limites de chaque option.

 

Comment se passent l’opération et la récupération ?

Les deux interventions se font par l’avant du cou, sous anesthésie générale, avec une hospitalisation d’une à deux nuits. La douleur du bras est le plus souvent soulagée dès le réveil. Les suites communes à cet abord sont une gêne à la déglutition et parfois une voix enrouée pendant quelques jours, qui disparaissent en général spontanément. La rééducation reprend ensuite la mobilité et la force du cou. Après une arthrodèse, il faut attendre la fusion pour les efforts importants. Après une prothèse, la reprise des activités est parfois un peu plus rapide, selon les cas.

À Paris et dans les Yvelines, les chirurgiens de l’Espace Francilien du Rachis reçoivent les patients pour décider, après examen et imagerie, de la technique la mieux adaptée à leur cou. La prise de rendez-vous se fait en ligne.

 

Ce qu’il faut retenir

  • Le soulagement vient de la libération du nerf, commune aux deux techniques.
  • L’arthrodèse fusionne et stabilise, la prothèse conserve le mouvement, avec ses propres risques comme les ossifications autour de l’implant.
  • Le choix dépend surtout de l’état des facettes, de la mobilité de l’étage, de la qualité de l’os et de la courbure du cou.
  • Certaines prothèses sont désormais remboursées, sous conditions.

 

Pour aller plus loin

 

Article rédigé par le Dr Raphaël Jameson, chirurgien du rachis à l’Espace Francilien du Rachis, membre de la SOFCOT et de la Société Française de Chirurgie du Rachis (RPPS 10005153878). Ces informations générales ne remplacent pas une consultation médicale. Article entièrement réécrit et relu le 23 septembre 2026.