Spondylolisthésis : symptômes

Un spondylolisthésis lombaire peut provoquer une douleur dans le bas du dos, une sciatique ou des difficultés à marcher. Il peut aussi ne donner aucun symptôme et être découvert sur une radiographie réalisée pour une autre raison.
Ce glissement d’une vertèbre n’impose pas systématiquement une opération. L’essentiel est de comprendre s’il explique vos douleurs et s’il existe une compression des nerfs.
Qu’est-ce qu’un spondylolisthésis lombaire ?
Un spondylolisthésis correspond au glissement d’une vertèbre vers l’avant par rapport à celle située en dessous. Il concerne le plus souvent le bas de la colonne vertébrale. Deux formes sont particulièrement fréquentes :
- Le spondylolisthésis dégénératif, lié au vieillissement des disques et des articulations. Il apparaît généralement après 50 ans et concerne souvent le niveau L4-L5.
- Le spondylolisthésis par lyse isthmique, associé à une interruption d’un petit pont osseux situé à l’arrière de la vertèbre. Cette lésion apparaît souvent pendant la croissance, mais peut être découverte bien plus tard. Le glissement concerne surtout L5-S1.
Une lyse isthmique peut également exister sans glissement vertébral. Les termes L4-L5 et L5-S1 désignent simplement les étages concernés : entre les quatrième et cinquième vertèbres lombaires, ou entre la dernière vertèbre lombaire et le sacrum.
Quels sont les symptômes d’un spondylolisthésis ?
Les symptômes varient selon les personnes. Ils peuvent venir des structures du dos ou d’une compression des nerfs.
Une douleur dans le bas du dos
La douleur lombaire peut augmenter pendant certaines activités, en position debout prolongée ou lors de certains mouvements. Une raideur peut l’accompagner. Chez un adolescent sportif, une douleur qui revient régulièrement à l’entraînement mérite un examen médical, notamment pour rechercher une lésion de l’isthme. Ces douleurs ne sont toutefois pas spécifiques : avoir mal au dos ne signifie pas nécessairement avoir un spondylolisthésis.
Une sciatique ou une douleur dans la jambe
Lorsqu’une racine nerveuse est irritée ou comprimée, la douleur peut descendre dans une fesse puis dans la jambe. Selon le nerf concerné, il peut s’agir d’une sciatique ou d’une cruralgie. Des fourmillements, un engourdissement ou, plus rarement, une perte de force peuvent également apparaître.
Des jambes lourdes et une marche limitée
Un spondylolisthésis dégénératif peut s’accompagner d’un rétrécissement du canal lombaire, où passent les nerfs. La marche provoque alors parfois des douleurs, une lourdeur ou des sensations d’engourdissement dans les jambes. S’asseoir ou se pencher vers l’avant apporte souvent un soulagement. Cette limitation de la marche est appelée claudication neurogène.
Peut-on avoir un spondylolisthésis sans douleur ?
Oui. Certaines personnes présentent un glissement vertébral sans gêne particulière. Inversement, lorsqu’une radiographie montre un spondylolisthésis chez une personne qui a mal au dos, cela ne prouve pas qu’il explique toutes ses douleurs. Le médecin confronte les images aux symptômes et à l’examen clinique. Le traitement vise donc à prendre en charge une situation clinique, et non à corriger systématiquement une anomalie radiologique.
Un spondylolisthésis de grade 1 ou 2 est-il grave ?
Le grade décrit l’importance du déplacement de la vertèbre :
- Grade 1 : glissement inférieur à 25 %.
- Grade 2 : glissement compris entre 25 et 50 %.
Ces pourcentages expriment le déplacement par rapport à la vertèbre située en dessous. Ils ne correspondent pas à un pourcentage de handicap. Le grade ne suffit pas à déterminer la gravité. Un petit glissement peut s’accompagner d’une compression nerveuse gênante, tandis qu’un déplacement plus important peut être relativement bien toléré. Les symptômes, la force musculaire, les capacités de marche et l’évolution des images orientent la prise en charge.
Le glissement risque-t-il de s’aggraver ?
L’aggravation n’est pas systématique. De nombreux glissements de faible grade restent stables, notamment après la croissance. Une surveillance peut être nécessaire chez l’adolescent ou lorsqu’une progression est suspectée. Dans les formes dégénératives, les symptômes peuvent également évoluer avec l’usure des disques et le rétrécissement du canal, même sans augmentation importante du glissement. Une nouvelle douleur dans la jambe, une diminution de la distance de marche ou une perte de force justifient une réévaluation.
Quels examens permettent de faire le diagnostic ?
L’examen médical évalue les douleurs, la marche, la sensibilité et la force des jambes. Une radiographie lombaire debout, notamment de profil, permet de visualiser et de mesurer le glissement. Des radiographies en flexion et en extension peuvent parfois compléter le bilan pour étudier sa mobilité. L’IRM lombaire recherche notamment une compression des nerfs lorsque les symptômes le justifient. Un scanner peut être utile dans certaines situations pour préciser les structures osseuses. Tous ces examens ne sont pas nécessaires chez chaque patient.
Comment soulager les symptômes ? Faut-il se faire opérer ?
Une opération n’est pas nécessaire dans de nombreux cas. La prise en charge peut associer :
- Une activité physique adaptée et une modification temporaire des gestes douloureux.
- Une kinésithérapie individualisée.
- Des médicaments contre la douleur, selon les besoins et les contre-indications.
- Parfois une infiltration, notamment pour certaines douleurs liées à une irritation nerveuse.
Ces traitements peuvent améliorer les symptômes sans remettre la vertèbre à sa position initiale. Chez un jeune sportif présentant une lyse récente, une interruption temporaire des activités contraignantes et une prise en charge spécifique peuvent être nécessaires.
La chirurgie se discute lorsque la gêne reste importante malgré un traitement adapté, ou devant certaines aggravations neurologiques ou radiologiques. Selon la situation, elle consiste à libérer les nerfs, à stabiliser les vertèbres par une arthrodèse, ou à associer les deux. L’arthrodèse n’est pas systématique dans toutes les formes dégénératives : une décompression seule peut être appropriée chez certains patients. Les bénéfices attendus, les risques et les limites de la récupération sont discutés individuellement avec le chirurgien.
Quels signes doivent faire consulter en urgence ?
Dans un contexte de douleur lombaire ou de douleur dans les jambes, certains signes nécessitent une évaluation immédiate :
- Une difficulté nouvelle à uriner ou une perte inhabituelle du contrôle des urines ou des selles.
- Une diminution de la sensibilité entre les cuisses, autour des organes génitaux ou de l’anus.
- Une faiblesse importante qui apparaît brutalement ou s’aggrave rapidement dans une jambe.
Les troubles urinaires et de la sensibilité peuvent notamment évoquer un syndrome de la queue de cheval, une compression importante des nerfs. N’attendez pas que tous les signes soient présents : appelez le 15 pour être orienté. Une faiblesse nouvelle, même moins brutale, doit également être signalée rapidement à un médecin.
À Paris et dans les Yvelines, les chirurgiens de l’Espace Francilien du Rachis reçoivent les adolescents et les adultes pour vérifier le lien entre les symptômes et les images, organiser la surveillance et, si nécessaire, discuter d’une opération. La prise de rendez-vous se fait en ligne.
Ce qu’il faut retenir
- Un spondylolisthésis peut être indolore ou provoquer une douleur lombaire, une douleur dans la jambe et une gêne à la marche.
- Un glissement vu sur une radiographie n’explique pas forcément toutes les douleurs : l’examen sert à faire le lien.
- Son grade ne détermine pas, à lui seul, sa gravité ni la nécessité d’une opération.
- Le traitement est d’abord non chirurgical. La chirurgie se discute si la gêne persiste ou en cas d’aggravation.
- Trouble urinaire nouveau, perte de sensibilité entre les cuisses ou faiblesse brutale : appelez le 15.
Pour aller plus loin
- Notre page sur le spondylolisthésis lombaire
- Notre page sur le spondylolisthésis par lyse isthmique
- Information destinée aux patients de l’Académie américaine de chirurgie orthopédique
- Décompression seule ou avec arthrodèse dans le spondylolisthésis dégénératif : essai Nordsten-DS à cinq ans (BMJ, 2024)
- Syndrome de la queue de cheval : information du Royal Orthopaedic Hospital (NHS)
Article rédigé par le Dr Raphaël Jameson, chirurgien du rachis à l’Espace Francilien du Rachis, membre de la SOFCOT et de la Société Française de Chirurgie du Rachis (RPPS 10005153878). Ces informations générales ne remplacent pas une consultation médicale. Article entièrement réécrit, relu et validé le 23 septembre 2026.