Infiltration cervicale : est-elle interdite, combien de temps agit-elle et que faire après ?

 

Infiltration cervicale : est-elle interdite, combien de temps agit-elle et que faire après ?

 

Infiltration cervicale réalisée sous contrôle radiologique (illustration)

 

Une douleur dans le cou qui descend dans l’épaule ou le bras, des fourmillements dans les doigts, parfois une sensation de faiblesse. Il peut s’agir d’une névralgie cervico-brachiale. Elle est souvent liée à une hernie discale cervicale, en C5-C6 ou en C6-C7, ou à de l’arthrose.

 

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Lorsque les médicaments et le repos ne suffisent pas, une infiltration cervicale peut parfois être proposée. Voici les réponses aux questions que vous nous posez le plus souvent.

 

Pourquoi faire une infiltration cervicale ?

L’infiltration consiste à déposer un médicament anti-inflammatoire près de la zone douloureuse, afin de calmer l’irritation du nerf. Elle ne fait pas disparaître une hernie discale ni l’arthrose. Son objectif est plus simple. Diminuer la douleur, retrouver une vie quotidienne plus confortable et laisser le temps à la crise de s’apaiser.

Elle n’est pas proposée systématiquement. La décision dépend de vos symptômes, de votre examen, de vos images et de vos antécédents.

 

L’infiltration cervicale est-elle interdite ?

Non. Ce n’est pas un geste interdit. Il peut être proposé dans certaines situations, lorsque la douleur persiste malgré les traitements habituels. Le cou est une zone délicate, alors l’infiltration est réalisée sous contrôle radiologique, par une équipe habituée à ce geste, après avoir vérifié qu’elle est adaptée à votre situation.

Dans une vaste étude portant sur près de 450 000 infiltrations cervicales, les complications directement liées au geste sont restées peu fréquentes, moins d’un cas sur cent au cours de la semaine suivante, et les complications importantes sont exceptionnelles. Avant le geste, le radiologue vous explique son déroulement, les précautions prises et les rares signes qui doivent conduire à le recontacter.

 

Comment se passe une infiltration cervicale sous scanner ?

Le jour du rendez-vous, prévenez l’équipe si vous prenez un traitement qui fluidifie le sang, si vous êtes diabétique ou allergique, ou si vous avez eu une infection ou de la fièvre récemment. Aucun traitement ne doit être interrompu de votre propre initiative.

Vous êtes installé confortablement, le plus souvent allongé. La peau est désinfectée, puis le radiologue s’appuie sur les images du scanner ou de la radioscopie pour guider précisément le geste. L’injection en elle-même prend quelques secondes, et la visite dans son ensemble une petite demi-heure, surveillance comprise. Ce que l’on ressent le plus souvent, c’est une pression, parfois une courte décharge dans le bras.

 

Au bout de combien de temps l’infiltration agit-elle, et combien de temps dure-t-elle ?

Il arrive de se sentir mieux tout de suite, mais ce premier effet est bref. Le corticoïde, lui, agit progressivement, en général entre le deuxième et le cinquième jour. Entre les deux, la douleur peut remonter un peu, sans que cela signifie un échec.

Lorsqu’elle est efficace, l’infiltration peut soulager pendant quelques semaines, parfois quelques mois. Son effet reste variable d’une personne à l’autre et n’est jamais garanti. Si aucune amélioration n’apparaît après une dizaine de jours à deux semaines, ou si la douleur s’aggrave, il est préférable de recontacter le médecin qui vous suit pour réévaluer la situation.

 

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Que ressent-on après une infiltration cervicale ?

Une douleur au point de piqûre, une raideur du cou ou une fatigue légère pendant un ou deux jours sont fréquentes et passent habituellement vite. Certaines personnes ressentent aussi des bouffées de chaleur, une nuit un peu agitée ou, lorsqu’elles sont diabétiques, une hausse temporaire de leur glycémie. Le jour même, ménagez-vous, sans pour autant rester couché.

En revanche, contactez rapidement l’équipe qui a réalisé le geste ou votre médecin en cas de fièvre, de douleur inhabituelle ou qui augmente fortement, de faiblesse nouvelle dans le bras, de trouble de la marche ou de tout symptôme qui vous inquiète.

 

Peut-on conduire et travailler après une infiltration cervicale ?

Mieux vaut ne pas prendre le volant le jour même, et venir accompagné si vous le pouvez. Le lendemain, la reprise d’un travail de bureau et des activités calmes est souvent possible si vous vous sentez bien. Pour un travail physique, le sport ou le port de charges, la reprise doit être progressive et adaptée à la douleur, en suivant les consignes données par l’équipe qui a réalisé l’infiltration.

 

Combien d’infiltrations cervicales peut-on faire ?

On évite de multiplier les infiltrations. En pratique, deux ou trois infiltrations dans l’année constituent le plus souvent un maximum. Quand la première n’a rien donné, en refaire une aussitôt a peu de sens. C’est le moment de revoir le diagnostic et d’envisager autre chose. Lorsque la douleur devient chronique, c’est-à-dire qu’elle dure depuis plusieurs mois, il est particulièrement important de refaire le point plutôt que d’enchaîner les infiltrations.

 

Si l’infiltration ne suffit pas, faut-il opérer une névralgie cervico-brachiale ?

Pas forcément. La plupart des névralgies cervico-brachiales ne nécessitent pas d’opération. Un avis spécialisé est toutefois nécessaire lorsque la douleur reste très importante malgré un traitement bien conduit, lorsqu’un bras perd de la force, lorsque les mains deviennent maladroites ou lorsque la marche devient moins sûre, signes possibles d’une myélopathie cervicale.

Dans certaines situations, une intervention peut être proposée pour libérer le nerf ou la moelle épinière. Selon le cas, il peut s’agir d’une arthrodèse cervicale ou d’une prothèse discale cervicale.

 

Ce qu’il faut retenir

  • L’infiltration cervicale n’est pas interdite, mais elle est proposée après une évaluation médicale attentive.
  • Elle met quelques jours à agir, et son effet ne dure pas indéfiniment.
  • Pas de volant le jour même.
  • Une douleur légère ou une raideur pendant un ou deux jours sont habituelles.
  • Fièvre, douleur qui s’aggrave nettement ou faiblesse nouvelle du bras : on recontacte vite un médecin.
  • Si la douleur persiste ou si le bras faiblit, un avis spécialisé est nécessaire.

 

À Paris et dans les Yvelines, les chirurgiens de l’Espace Francilien du Rachis peuvent vous recevoir pour faire le point sur une névralgie cervico-brachiale ou sur une infiltration qui n’a pas apporté le soulagement attendu. La prise de rendez-vous se fait en ligne.

 

Pour aller plus loin

 

Article rédigé par le Dr Raphaël Jameson, chirurgien du rachis à l’Espace Francilien du Rachis, membre de la SOFCOT et de la Société Française de Chirurgie du Rachis (RPPS 10005153878). Ces informations générales ne remplacent pas une consultation médicale.